Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Une infirmière à la maison

Allo? Ou les joies du téléphone.

3 Avril 2016 , Rédigé par Anne Publié dans #ma vie d'infirmiere

Les sujets d' appels téléphoniques que nous recevons sont souvent les mêmes : demandes de prise en charge, retours d'hospitalisation, demande de décalage des heures de passages ( merci la coiffeuse, le plombier, les courses... ) etc... Et puis de temps en temps, parmi toute cette banalité et souvent à des moments de la journée assez improbables il y a LES URGENCES ( les vraies ), en voici quelques exemples :



L'appel de fin de nuit, 6h, ou plus tôt parfois, pour vous demander si vous n'auriez pas des laxatifs en dépannage.
On ne pense pas assez aux infirmières libérales pour ça, non...



L'appel de 19H30, en général en fin de tournée quand la fatigue se fait sentir ( qu'on en a ras les aiguilles et autres bas à varices récalcitrants ) :
" Bonjour, je voulais savoir si vous pouviez venir, je suis en bas de chez vous ( comprenez devant le local où vous n'êtes pas ) et c'est fermé. J'ai des fils à enlever, j'aurais dû le faire il y a deux jours déjà mais, enfin... Comme je passais par là. Je vous attends hein? "
Mais certainement, je branche le gyrophare et j'arrive dans la minute.
Non, en vrai ce n'est pas possible et vous essayez de façon courtoise de le faire comprendre.
" Revenez demain, pendant la permanence, ça vous évitera d'attendre "
" Ha bon, je pensais que...ce soir..."


Non, c'est NON.



L'appel de décalage de rendez-vous, mais relativement "osé" ( ou " olé, olé " si vous préférez l'expression ) :
" Voilà, je rentre du travail vers 18h mais j'ai un apéro chez des amis, je voulais vous demander de passer plutôt quand je rentrerais, vers 22h, ça vous va?"

NON.




L'appel de milieu de matinée ou celui qui insiste, surtout quand la tournée est très chargée.
Vous finissez par répondre ou même rappeler devant tant d'acharnement :
" Ouiiii, c'était pour vous prévenir que le feu arrière gauche de votre Bwingo ne fonctionne plus."
" Ha... Mais..."
" Oui, il faudra le faire réparer " ( Sous entendu : je vous sauve la vie, ne me remerciez pas, ingrate ).
Sans commentaire.




L'appel " Ouate ze phoque " comme disent mes enfants (oui mes enfants sont bilingues ) :
" Bonjour, c'est Monsieur R. j'aurais voulu savoir si c'est vous qui êtes passée chez moi, j'étais dans la salle de bain et j'ai entendu sonner. "
" Non, monsieur R., cela fait six mois que les soins sont terminés, ce n'était pas moi."
" Une de vos collègues peut être? "
" Non plus. "
" Ha. Mais qui alors? "


Bonne question.


Et puis parfois, vous ne pouvez pas répondre, vous n'êtes pas disponible, alors il y a les messages sur le répondeur dont certains valent poétiquement le détour :
" Hein? Quoi? Ha flutain, le répondeur, mordel, elles sont jamais là, JAMAIS! Roger, c'est le répondeuuuur, elles sont pas là! "


" tuuu, tuuu, tuuu "















Allo? Ou les joies du téléphone.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

vero 12/04/2016 16:58

lol, et oui, on a toute eu à repondre ça, les patients nous considerent comme des...boniches? corveables à loisir? et bien NON!