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Une infirmière à la maison

Réfugiés

5 Février 2015 , Rédigé par Anne Publié dans #Petites histoires





Parfois j'aimerais mettre une étincelle dans ces yeux éteints, y mettre un peu de vie, un peu d'espoir.
Parfois j'aimerais pouvoir simplement parler leur langue pour dire que je suis là, que leur situation me touche.
Chassés, déracinés, arrivés ici à défaut de pouvoir rester sur leur terre natale. Difficile d'être objectif, ils ont de la chance ceux qui sont arrivés jusqu'ici... peut être... Cette chance alors de ne pas être trop mal tombés, d'être toujours en vie et dans un pays, une région qui accueille, soigne, sans distinction. Mais qu'en est-il de l'avenir? Des leurs, restés là bas où ceux qui se démènent pour arriver à fuir sans être rejetés, des enfants, des femmes... de ces Hommes portant comme nous tous le grand H de l'humanité.
Parfois j'aimerais prendre un peu du fardeau qui les contraint à garder un genou à terre, simplement pour qu'ils puissent avancer plus facilement et braver les regards négatifs pour aller chercher les mains tendues.

Parce que quand on est loin de chez soi tout est plus compliqué, les regards ne sont pas si souvent bienveillants et la différence fait peur, elle fait fuir... rend agressif. La haine l'aime cette peur, elle la cultive pour pouvoir tisser et alimenter sa toile. Insidieuse, sournoise...
Et puis parfois j'aimerais simplement agir, aider au delà de ma fonction. Rendre plus légère la peine qui danse ici, autour d'eux dans ces foyers improvisés.


J'aimerais... Et je me demande : si l'humanité n'est pas dénuée de sens alors qu'en est-il de son unité quand on ferme les yeux sur le sort d'une grande partie d'entre nous?


Posons nous les bonnes questions.

Réfugiés

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